De l’atelier au podium, le Centre des Métiers d’Art à la Tahiti Fashion Week

En détail

À l’occasion de la Tahiti Fashion Week 2026, une quinzaine de stagiaires de 1re année de CPMA et de BPMA, en filière gravure et sculpture, participent à la fabrication de deux robes conçues sous la direction artistique d’Alberto Vivian. Ces vêtements, confectionnés à partir de coco et de nacre, seront présentés sur le podium le 23 octobre, lors de la grande soirée Poerava.

Avant les projecteurs du défilé, il y a les ateliers, où les élèves du Centre des Métiers d’Art s’activent depuis début septembre.

« Nous avons été sollicités par Alberto Vivian, le fondateur de la Tahiti Fashion Week, pour la réalisation des pièces nécessaires à la confection de deux robes », explique Hihirau Vaitoare, enseignante en sculpture et cheffe-adjointe de la cellule Enseignement artistique au CMA. Au total, environ 300 pièces en nacre et en coco, préparées par les stagiaires de 1re année, en sculpture et en gravure, composent le corps de ces robes. 

Référente pour ce projet, Hihirau Vaitoare laisse une large autonomie à Gilbert Tepea et Puaheeihavaii Timau-Barsinas, deux nouveaux enseignants en sculpture et en gravure, tous deux anciens élèves du Centre. « Je suis là pour chapeauter, mais ce sont eux qui gèrent les ateliers pour cette commande », précise-t-elle.

Prendre en main les machines

Pour ces stagiaires tout juste arrivés à la rentrée, la réalisation de ces pièces est avant tout un projet pédagogique. « Ce projet permet à nos stagiaires de prendre en main les machines et les outils, de découvrir les matières que l’on utilise dans nos métiers et d’apprendre à les travailler, car il y a beaucoup de pièces à préparer », note Hihirau Vaitoare. Le geste s’affine avec la pratique. « À force de répéter, leurs gestes s’améliorent et la répétition fait aussi partie de nos métiers », ajoute-t-elle. 

Du sur-mesure

Croquis © Alberto Vivian

Ce projet a également pour objectif d’apprendre aux élèves à répondre à une commande, de s’adapter aux souhaits du client mais aussi de sa faisabilité. « En discutant avec la couturière, nous nous sommes aperçus qu’entre le dessin du patron et la réalité, il fallait faire des ajustements, car les robes sont en trapèze et non droites comme nous le pensions », détaille Hihirau Vaitoare.

L’équipe a alors apporté son expertise et des solutions pour adapter les pièces, dont la forme est passée de carrée à ronde. « Comme les robes sont en trapèze, les ronds doivent s’agrandir petit à petit. Il y a tout ça à comprendre. Ce sont des échanges constructifs. Il faut être en symbiose avec les personnes qui participent au projet et il faut aussi bien connaître sa matière », souligne l’enseignante.

Cette réflexion est partagée avec les élèves, pour qu’ils comprennent le projet dans son ensemble. « Ce sont des compétences qu’ils seront amenés à réutiliser dans un projet personnel ou dans une commande, donc ce genre de projet a un vrai sens pour eux », conclut-elle.

Croquis © Alberto Vivian

Susciter des vocations 

Enfin, la participation à ce type de collaboration peut également ouvrir de nouvelles perspectives. Une stagiaire de 1reannée, particulièrement intéressée par le domaine de la mode et de la confection de vêtements, envisage de solliciter un stage auprès d’Alberto Vivian. Le 23 octobre, après des semaines d’atelier, la nacre et la coco passeront sous les projecteurs.

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