Depuis octobre 2025, Mere Fèvre occupe le poste de gestionnaire de la scolarité au Centre des métiers d’art. Commerçante, éducatrice sportive, ceinture noire en arts martiaux, animatrice de prévention contre les addictions, son parcours ressemble à une suite de vies différentes. Un fil les traverse pourtant toutes, celui du lien qu’elle tisse entre les personnes.
Née à Tahiti, d’origine marquisienne par sa mère, Mere se sent proche de l’archipel de la Terre des Hommes, si riche en culture. “C’est dans ma sensibilité”, confie-t-elle avec un sourire discret pour expliquer cet attachement.
Après une formation en marketing, Mere se lance très jeune dans le commerce. Elle ouvre une boutique de vêtements grande taille, achetés aux Etats-Unis puis revendus sur le fenua, un projet né de son propre vécu de personne alors en situation d’obésité, qui ne trouvait pas de vêtements à sa taille. Le goût du contact, de la vente et de la compréhension des besoins de l’autre restera une constante dans tout ce qu’elle entreprendra ensuite. Elle se tourne un temps vers le secteur du bien-être, avant qu’un cambriolage à son domicile ne rebatte les cartes. Comment se défendre en tant que femme ? Mere se forme comme éducatrice sportive, se met au taekwondo, enchaîne avec le krav-maga et le penchak silat, et décroche une ceinture noire dans chacune de ces disciplines. Elle commence les arts martiaux à 110 kilos, et mène en parallèle tout un processus d’amaigrissement. Elle lance aussi Fight Like a Girl, une journée d’initiation à l’autodéfense pour les femmes programmée lors de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
C’est en travaillant sur cette question de la violence que Mere comprend que le message doit aussi s’adresser aux jeunes hommes. Elle rejoint la Croix-Rouge et participe à l’essor du programme Turumono, dispositif de prévention contre les addictions destiné aux adolescents. Le support choisi est un manga de prévention, décliné en séances longues consacrées à la gestion émotionnelle et à l’estime de soi, pensées pour instaurer un lien de confiance plutôt qu’un discours moralisateur. Mere sillonne alors les îles pour sensibiliser les jeunes, avant que le programme ne s’arrête.
La culture est un levier puissant
De cette expérience, elle retient une conviction, la culture est un levier puissant contre le décrochage scolaire et la perte de repères.
C’est ce même fil qui la conduit il y a un an au Centre des métiers d’art comme gestionnaire des affaires scolaires. Mere décrit sa mission avant tout comme une question de lien entre les professeurs, la direction et les élèves, à quoi s’ajoutent le suivi administratif et le repérage des stagiaires à accompagner et soutenir. Mere trouve au CMA un lieu qu’elle décrit comme un point de convergence, de rencontre et de partage autour des projets, artistiques comme éducatifs.
« Il y a pas de hasard dans la vie, il faut croire en son chemin. »
Un chemin qui, de la boutique de vêtements aux dojo, des mangas de prévention aux couloirs du CMA, n’a cessé de tisser un même lien, celui qui rapproche les gens.
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