À l’occasion des commémorations du soixantième anniversaire d’Aldébaran, premier essai nucléaire réalisé en Polynésie française en 1966, le CMA participe à un projet artistique d’envergure porté par la DSCEN dans le cadre du futur centre de mémoire Pū Mahara.
Pour donner vie à ce projet, l’artiste polynésien Alexander Lee, chargé de la direction artistique, a souhaité associer les élèves du Centre à la réflexion et à la création des œuvres qui seront présentées au public.
Depuis plusieurs mois, les étudiants du DNMADE ainsi que les élèves de la section sculpture travaillent aux côtés de leurs enseignants sur des réalisations qui interrogent les notions de mémoire, de transmission et de résilience.
Pour les élèves sculpteurs, le projet prend forme à partir de quatre troncs de ‘aito provenant de Moruroa et confiés par la Présidence de la Polynésie française. Chargé d’une forte dimension symbolique, ce matériau devient le support d’une réflexion artistique sur le rapport entre le bois, le soin et la mémoire.
En s’inspirant notamment du concept de rā’au et de certains objets traditionnels étudiés au Centre, les élèves explorent la capacité de la création artistique à transformer une matière porteuse d’histoire en objet de transmission.
Parallèlement, plusieurs étudiants en DNMADE développent une série de fresques abordant le fait nucléaire sous différents angles. Navigation polynésienne, mémoire collective, influences culturelles et représentations contemporaines se croisent dans des propositions artistiques singulières qui témoignent de la diversité des regards portés sur cette période de l’histoire polynésienne.
Pour beaucoup de ces jeunes créateurs, les essais nucléaires constituent un événement qu’ils n’ont pas connu directement. Pourtant, le projet leur offre l’opportunité de s’approprier cette histoire à travers la recherche, les témoignages et la création artistique.
Loin de toute approche figée, Alexander Lee a souhaité accompagner les élèves dans une démarche de questionnement et de réflexion personnelle. Chacun a ainsi été invité à développer sa propre interprétation du sujet, dans le respect de la pluralité des mémoires et des sensibilités.
Au-delà de sa dimension artistique, ce projet illustre pleinement la vocation pédagogique du Centre des métiers d’art : permettre aux élèves de mobiliser leurs savoir-faire au service de projets ancrés dans les réalités culturelles, historiques et sociétales de la Polynésie française.
En associant création contemporaine, transmission des savoirs et réflexion citoyenne, le projet Pū Mahara démontre combien les métiers d’art peuvent contribuer à nourrir le dialogue entre mémoire et avenir.
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