« Transmettre, créer, rayonner » les ambitions du CMA pour cette nouvelle année

En détail

En cette rentrée 2026, le Centre des métiers d’art prépare une nouvelle année placée sous le signe de la transmission, de la création et du rayonnement. Nouveaux enseignants, projets pédagogiques, collaborations avec des artistes et des professionnels, projets d’échanges avec des établissements partenaires et poursuite des études pour la réhabilitation du Centre viendront rythmer les prochains mois. Le directeur du Centre des métiers d’art, Anatauarii Tamarii, présente les grandes orientations de cette nouvelle année et les ambitions qu’il souhaite porter pour l’établissement, en Polynésie comme dans le Pacifique. 

Comment se prépare cette nouvelle année au Centre des métiers d’art ?

Cette rentrée se prépare avec beaucoup d’engagement et une volonté claire : offrir à nos élèves stagiaires et à nos étudiants un cadre de formation à la fois exigeant, bienveillant et stimulant.

Les équipes travaillent actuellement à finaliser les emplois du temps, à organiser les ateliers, à accueillir les nouveaux arrivants et à préparer les différents projets pédagogiques. Nous portons également une attention particulière à la sécurité des locaux, à la modernisation des équipements et, plus largement, à l’amélioration des conditions d’apprentissage.

Mais au-delà de ces aspects très concrets, cette rentrée doit aussi nous permettre de consolider la dynamique collective du Centre. Nous voulons renforcer les liens entre les enseignements et les ateliers, mieux accompagner chaque apprenant dans son parcours et développer une pédagogie davantage fondée sur les projets, la recherche et l’expérimentation.Cette nouvelle année intervient enfin à un moment important pour le CMA, avec la préparation de son projet d’établissement, la réforme de ses statuts et la poursuite des études relatives à sa réhabilitation.

“Une diversité des âges, des parcours et des sensibilités”

Combien d’élèves et stagiaires sont attendus cette année dans les différents cursus, CPMA, BPMA et DN MADE, et quels sont leurs profils ?

À cette rentrée, le Centre accueillera 16 élèves stagiaires en CPMA, 16 en BPMA et 6 étudiants en DN MADE, dont trois en deuxième année et trois en troisième année.

Les profils sont variés. Le CPMA et le BPMA s’adressent notamment à des jeunes qui souhaitent acquérir une première qualification, mais aussi à des personnes en reconversion ou qui souhaitent professionnaliser une pratique artistique et artisanale. Ces formations permettent de progresser dans la maîtrise des techniques, de la conception d’une œuvre jusqu’à sa réalisation, tout en développant l’autonomie et la capacité à mener un projet.

Le DN MADE s’adresse, de son côté, à des étudiants de l’enseignement supérieur qui souhaitent faire dialoguer les savoir-faire océaniens, la création contemporaine, le design et la recherche. Cette diversité des âges, des parcours et des sensibilités est une véritable richesse pour le Centre. Tous partagent néanmoins une même motivation : apprendre, créer et contribuer à la transmission des métiers d’art polynésiens.

Le Centre accueille-t-il de nouveaux enseignants et quelles évolutions sont prévues dans les formations ?

L’équipe pédagogique est en cours de renforcement, avec l’arrivée de nouveaux enseignants en sculpture, gravure et arts numériques. Nous souhaitons également faire davantage appel à des artistes, des designers, des artisans et des professionnels extérieurs. L’objectif est d’apporter aux apprenants des compétences complémentaires et de les ouvrir davantage aux réalités contemporaines des métiers d’art.

Les référentiels du CPMA, du BPMA et du DN MADE restent naturellement le socle de nos formations. Nous souhaitons toutefois faire évoluer les méthodes pédagogiques, en développant davantage le travail en mode projet, les collaborations entre disciplines et les situations concrètes de création.

Plusieurs ateliers et rencontres sont ainsi envisagés autour de la sculpture, de la gravure, de l’intelligence artificielle et des outils numériques. Des interventions sur la propriété intellectuelle, l’entrepreneuriat et les dispositifs d’aide aux artisans permettront également de mieux préparer les apprenants à leur future insertion professionnelle. Nous souhaitons progressivement intégrer aux enseignements les grands enjeux qui traversent aujourd’hui les métiers d’art : la création responsable, la valorisation des ressources locales, la transmission intergénérationnelle, le design durable ou encore le dialogue entre techniques traditionnelles et nouveaux outils.

Après l’accueil de deux étudiantes de l’École Boulle, d’autres collaborations sont-elles à l’étude ?

L’accueil de deux étudiantes de l’École Boulle pendant huit semaines a été une expérience très enrichissante. Ce type d’échange permet de confronter les pratiques, de partager les méthodes de travail et aussi de faire découvrir la richesse des savoir-faire polynésiens à de futurs professionnels des métiers d’art.

Nous souhaitons donc poursuivre et structurer ces collaborations. Localement, le CMA travaille déjà avec le lycée Samuel-Raapoto et l’Université de la Polynésie française dans le cadre du DN MADE. Nous voulons également renforcer nos liens avec les établissements scolaires, les communes, les institutions culturelles et les acteurs de l’artisanat.

À l’échelle régionale, un projet d’échange avec le New Zealand Māori Arts and Crafts Institute – Te Puia, à Rotorua, est actuellement à l’étude pour 2027, en lien avec le Service de l’artisanat. Il pourrait prendre la forme d’une résidence et d’un échange de savoirs entre artistes et professionnels polynésiens et māori.Nous réfléchissons aussi au développement, à terme, de formations délocalisées dans les archipels, notamment aux Marquises. Ces projets devront bien sûr être construits progressivement, en tenant compte du cadre statutaire du Centre et des moyens humains, matériels et financiers nécessaires.

« Définir la vision, les priorités et les objectifs du CMA pour les prochaines années »

Quels seront les grands rendez-vous de l’année ?

L’année sera rythmée par plusieurs projets pédagogiques et artistiques, qui permettront notamment aux élèves de travailler à partir de commandes réelles.

Parmi eux, on peut citer la création de trophées pour les Jeux du Pacifique et le FIFO, un projet de motifs destinés aux abris-bus de la Direction des transports terrestres, ainsi que différentes collaborations dans les domaines de la mode, du design, de la création graphique et de l’aménagement urbain.

Les présentations et les expositions des travaux des élèves resteront naturellement des temps forts de l’année. Elles permettent au public de découvrir les recherches menées dans les ateliers et de mesurer la capacité de nos jeunes créateurs à faire dialoguer héritage culturel, maîtrise technique et création contemporaine.

Le 17 septembre 2026 sera également un rendez-vous important pour l’établissement. L’ensemble des agents sera réuni lors d’une journée de travail consacrée à l’élaboration collective du projet d’établissement. Ce document définira la vision, les priorités et les objectifs du CMA pour les prochaines années. Enfin, les études architecturales relatives à la réhabilitation du Centre se poursuivront. Ce chantier est essentiel pour améliorer la sécurité, les conditions d’enseignement et l’accueil du public. Il doit aussi nous permettre d’imaginer un CMA capable de répondre durablement aux ambitions culturelles, pédagogiques et artistiques de la Polynésie française.

Quelles orientations le Centre souhaite-t-il porter cette année ?

La thématique qui me tient particulièrement à cœur pourrait se résumer en trois mots : « Transmettre, créer, rayonner. »

Transmettre, parce que les savoir-faire enseignés au CMA constituent un patrimoine vivant. Ils portent une histoire, une mémoire et une manière polynésienne de comprendre le monde. Notre responsabilité est de permettre aux nouvelles générations de se les approprier, avec respect et exigence.

Créer, parce que la transmission ne doit pas conduire à figer les pratiques. La culture polynésienne a toujours su évoluer, intégrer de nouvelles influences et produire de nouvelles formes. Nous devons donner aux élèves les moyens d’expérimenter, de chercher et d’affirmer leur propre écriture artistique.

Rayonner, enfin, parce que le CMA doit renforcer sa place en Polynésie, dans le Pacifique et au-delà. Il doit être à la fois un établissement de formation, un lieu de recherche et d’expérimentation, mais aussi un espace de rencontre entre les artistes, les artisans, les institutions et le public.Notre ambition est de construire un Centre profondément enraciné dans son identité, mais pleinement ouvert sur son époque et sur le monde.

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